| Les grandes familles agricoles privilégiées par le système ! |
| mercredi, 09 juin 2010 13:42 | |
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par Gerard Samet
L’assurance de stabilisation du revenu agricole profite encore aux grandes familles agricoles. Peut-être plus pour longtemps?« Vous êtes payé sur le nombre de têtes ou d’unités produites, quel que soit le coût de production. Pas étonnant que ceux qui produisent le moins cher se remplissent les poches ! », déclare à La Vie agricole un petit producteur québécois en colère qui requiert l’anonymat. Il parle de l’assurance stabilisation du revenu (ASRA), dont la Financière agricole vient d’annoncer une réforme contestée par l’UPA. Le système encourage à produire sans tenir compte du marché et quels que soient les coûts de production. En 2008 et 2009, environ sept millions de porcs ont été produits au Québec, soit un porc pour chaque Québécois ! On n’en a jamais fait autant venir au monde dans la Belle Province, alors que pendant ce temps la chute de la demande mondiale a entraîné une baisse de production aux États-Unis et ailleurs au Canada. Lors d’une conférence de presse annonçant de nouvelles mesures en novembre dernier, le ministre de l’agriculture, Claude Béchard a déclaré : « Ce n’est pas normal qu’au moment où le secteur porcin va très mal, le nombre de porcs continue d’augmenter au Québec. Même chose dans le secteur bovin ! » Un filon exploité depuis 40 ans par les gros producteurs déjà nantis « Soyons clair : dans le système actuel, les entreprises les plus performantes reçoivent un montant nettement plus élevé que leurs besoins réels de stabilisation du revenu. Le dysfonctionnement actuel profite principalement aux grandes entreprises de production de porcelets, de porcs à l’engrais, de maïs-grain et de veaux d’embouche », extrait du rapport Pronovost, 2008. L’absurdité du mécanisme que connaissait l’ASRA jusqu’à tout récemment était que les gros producteurs performants et nantis étaient compensés au niveau des prix de production des petites exploitations les moins performantes. Quelques grandes familles, souvent propriétaires d’entreprises verticales intégrées très bien équipées et dont le coût de production est faible, se sont ainsi enrichies sur le dos du contribuable. C’est qu’en 40 ans, depuis la création de l’ASRA, le paysage agricole s’est polarisé. Un quart des fermes est à l’origine de 80 % de la production et absorbe plus de la moitié des paiements de compensation. Alors qu’elles n’en ont pas besoin pour être compétitives sur les marchés. Trois secteurs de productions ont largement profité de l’ASRA : le porc, le bovin et le maïs. En 2008, les producteurs porcins les plus performants ont eu besoin de 0,40 $ par tête. Les moins performants de 37,55 $. « Or, déclare Michel R. St-Pierre dans son rapport de 2009, ils ont tous reçu la même compensation par animal ». Les gros producteurs de porcs ont donc produits des porcelets inutiles à tour de bras. Ils ont reçu ainsi une trentaine de dollars qui leur tombaient du ciel. Un coût immense pour l’État, obligé de les subventionner au travers de la Financière Agricole. Le ministre de l’agriculture, Claude Béchard, a décidé que cela ne pouvait plus durer. Les grandes exploitations ne profiteront plus autant de la manne de l’argent public. La Financière agricole vient de fixer les modalités du plan du ministre Béchard Le déficit de la Financière agricole a atteint 1 milliard de dollars en 2009. En novembre, Claude Béchard a alors annoncé une réforme. Quelques règles viennent d’être changées par la Financière agricole. Pour éviter que les gros producteurs bénéficient trop du système, leur cotisation, au delà du seuil de trois fois la taille de la ferme type, passera du tiers à 50 % des paiements de compensation demandés. Dans le secteur de l’élevage, le ministre a décidé de limiter le nombre de têtes pouvant bénéficier de l’ASRA. C’est particulièrement le cas pour les porcs. Mais l’une des mesures proposée dans le rapport Pronovost pour sauver l’ASRA et la rendre plus équitable n’a pas été reprise. Pronovost écrivait en 2008 : « Il serait nécessaire de plafonner le niveau de contribution et de compensations de l’ASRA par ferme à un montant de l’ordre de 150 000 $ par année. Si l’on avait appliqué cette limite maximale de compensation par ferme au cours des dernières années, on aurait pu redistribuer à d’autres producteurs agricoles un montant annuel de l’ordre de 100 millions de dollars ». |









L’assurance de stabilisation du revenu agricole profite encore aux grandes familles agricoles. Peut-être plus pour longtemps?



