La pivoine, revue et améliorée !
mercredi, 09 juin 2010 12:57

par Doris Langevin

Que ce soit dans un vase sur la table du salon, en bouquet de mariée ou encore dans nos plates-bandes, les pivoines comptent parmi les fleurs préférées des Québécois. Ses qualités sont nombreuses et Mano Capano a décidé il y a quelques années d’en faire sa passion. À la Ferme Capano, installée depuis trois ans à Saint-Augustin-de-Desmaures en banlieue de Québec, on cultive les pivoines, mais on les hybride aussi. Comme si 3000 variétés, ce n’était pas encore assez !

Mano Capano, bachelière en biologie, rêvait de fonder sa propre entreprise il y a une dizaine d’années. Mais elle voulait vendre ses produits par Internet, un moyen facile de commercialisation. Et pour percer, elle savait bien qu’il faut privilégier un produit de niche qui se démarque des autres. Elle décide alors de louer une terre dans la région du Saguenay/Lac-Saint-Jean et de faire l’acquisition de ses premiers plants de pivoines.

« C’est une plante aimée au Québec parce qu’elle se cultive bien sous notre climat, elle est généreuse, résistante et peut vivre très longtemps. Qui n’a pas un plan de pivoine dans son jardin qui appartenait jadis à sa grand-mère, illustre Mme Capano. Malheureusement, c’est une fleur encore méconnue et j’ai décidé de faire des recherches. En 2003, j’ai commencé à vendre mes premières fleurs ».

Tout d’abord dédié au marché de la fleur coupée en raison de la magnificence de sa corolle et de son feuillage, Mano Capano a vite déploré de ne pas utiliser les plants pour les partager avec les amateurs d’horticulture. Elle a alors commencé à diviser ceux-ci pour les expédier à travers le monde. Aujourd’hui, ses pivoines poussent même en Russie et en Australie !

Plants robustes
Il existe 3000 variétés de pivoines toutes aussi uniques les unes que les autres. Elles sont soit herbacées et/ou arbustives, les dernières étant moins rustiques. Toutes se différencient tant par leurs fleurs que leur feuillage ou leur hauteur. Et oubliez les plants qui s’écrasent sous le poids des grosses fleurs ou dès la première pluie forte. Environ 80 % des 11 000 plants déjà mis en terre à Saint-Augustin n’ont pas besoin de tuteur.

Pourquoi ? Grâce au travail d’un hybrideur, le japonais Toichi Itoh qui fut le premier à réussir un croisement entre une pivoine herbacée et une pivoine arbustive ce qui a permis de créer les premières pivoines à comportement d’herbacée possédant des fleurs véritablement jaunes. Par la suite, ce travail d’hybridation entre des pivoines arbustives et herbacées s’est poursuivi par d’autres hybrideurs pour créer une nouvelle lignée d’hybrides: les pivoines intersectionnelles (Itohs).

« S’il y a autant de variété de pivoines aujourd’hui, c’est à cause des hybrideurs, ce que je suis devenue moi aussi. L’objectif d’un hybrideur, c’est d’effectuer des croisements entre deux variétés de plants afin d’en tirer le plus grand potentiel. Ce qui demande beaucoup de patience ! Souvent, entre le moment où on réussit à produire une graine et celui où on obtient un plant qui donne des fleurs, il peut se passer 10 ans ! ».

Une fois le résultat obtenu, il faut aussi en valider les qualités : est-ce que la tige est forte ? Est-ce que la fleur est belle ? Est-ce que le plan est résistant aux maladies et aléas de la température ? Voilà autant de questionnement que les hybrideurs doivent se poser.

L’hybridation est une passion. Et Mano Capano la partage avec joie. Son site Internet est d’ailleurs le plus complet qui soit. On peut y magasiner ses plants en ligne, mais surtout y apprendre tous les rudiments de la culture des pivoines, ainsi que des conseils pratiques pour fleurir nos parterres jusqu’à sept semaines durant la belle saison.

On y apprend entre autres que la pivoine se divise et se plante uniquement à l’automne, qu’il est recommandé de couper les boutons avant qu’ils ne fleurissent durant les trois années suivant la plantation, et qu’à compter de la quatrième année, il ne faut jamais couper plus de la moitié des fleurs de la plante, que les fleurs cueillies le matin ont une durée de vie plus longue, et bien plus encore !

La pivoine est même comestible. Si un jour vous vous arrêtez à la Ferme Capano, prenez le temps de déguster un petit gâteau cuisiné par Mme Capano et son équipe dans sa toute nouvelle boutique. Peut-être y aura-t-il une petite touche secrète !

Pour obtenir plus d’informations sur la pivoine et sur la Ferme Capano, il suffit de visiter son site Internet à l’adresse www.fermecapano.com.

 
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