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Par Doris Langevin Automne et Halloween riment souvent avec citrouille. Mais peu de gens savent qu’il existe 300 variétés de cette cucurbitacée, dont 25 poussent au Québec. De même, rares sont ceux qui savent que la citrouille appartient à la famille des courges et que les producteurs québécois en récoltent 300 variétés chaque année sur une possibilité de 300 000 espèces répertoriées. Un monde qui s’ouvre lentement chez nous et qui n’a pas fini de surprendre.
Il existe deux grands producteurs de courges au Québec : Gestions Chou-Bec, une entreprise agricole située dans les Laurentides qui exploite le centre d’interprétation de la courge du Québec, ainsi que la Courgerie, une terre cultivée par la famille Coutu depuis 200 ans dans Lanaudière. Il existe d’autres producteurs indépendants à plus petite échelle, mais puisqu’il n’existe pas d’association ou de regroupement, il est difficile d’en faire le décompte. La culture de la courge à grande échelle est récente au Québec. «Nous cultivions surtout des choux, mais la maladie qui a décimé nos récoltes il y a quelques années nous a forcé à nous tourner vers un autre type de culture, raconte Sylvie D’Amours du centre d’interprétation de la courge. Notre choix s’est porté sur la courge et en 1999 nous avons commencé par les plus connues : Butternut, citrouille, spaghetti, etc. Mais bientôt, nous avons découvert d’autres variétés ». Intéressée, Mme D’Amours a étudié les courges pendant trois ans, a commandé des livres, visité plusieurs entreprises en Europe et consulté les notes de cours du célèbre W.H. Perron. Épicurienne, elle devait goûter à toutes avant de les offrir aux consommateurs. Elle a même aujourd’hui des ententes avec de grands chefs, comme Anne Desjardins, Daniel Vézina et Ricardo pour connaître leur opinion quant à la saveur des nouvelles variétés qu’elle découvre. « J’ai toujours voulu faire de l’agrotourisme, ajoute Sylvie D’Amours. Accueillir les gens sur notre ferme et leur faire découvrir et les courges et le domaine de l’agriculture est un plaisir pour moi et ma famille ». L’an dernier, plus de 25 000 personnes ont visité le centre.
Il en est de même pour La Courgerie qui a vu défiler entre 20 000 et 25 000 visiteurs en 2006 dans ses champs. En 1999, lorsqu’elle et son époux Pierre Tremblay ont pris la relève à la ferme, ils ont dû transformer l’ancienne ferme laitière. «Nous voulions nous lancer dans la culture maraîchère, alors nous avons analysé quel légume s’adaptait le mieux à notre sol argileux. La courge est apparue en tête de liste », raconte Pascale Coutu.
Elle qui avait étudié en tourisme ne s’attendait pas à se lancer un jour dans l’agrotourisme. Jusqu’en 2001, l’entreprise exportait une grande partie de ses courges et citrouilles vers les Etats-Unis. Puis sont survenus les événements du 11 septembre 2001. Les frontières se sont fermées et du coup, il fallait écouler 100 000 citrouilles. En quatre fins de semaine, 4 500 personnes ont visité la Courgerie et depuis, 99 % de la production est vendue à la ferme.
Les visiteurs viennent choisir leur produit dans l’ancienne vacherie transformée en entrepôt, et ont droit à une visite cuisine. Car il est merveilleux d’apprécier la courge pour son look, encore faut-il savoir aussi l’apprêter ! « Et c’est aussi facile qu’une pomme de terre ! », lance Mme Coutu. La production de la courge n’est pas si simple. Les producteurs québécois doivent se conformer à des règles strictes concernant l’arrosage de pesticides, ce qui entraîne parfois quelques complications et fait hausser les coûts de productions. « L’un des plus grands secrets, c’est de séparer les familles de courges et l’ajout de brisevent est un atout considérable », livre Pascale Coutu. Toutefois, on enregistre peu de perte puisque lorsqu’elle a atteint sa maturité, la courge cesse de mûrir et sa carapace peut la protéger de la pourriture jusqu’à un an, à condition d’être intacte.
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